Les retards de paiement explosent dans les PME

Source : lefigaro.fr |

INFOGRAPHIES – Les petites et moyennes entreprises paient leurs fournisseurs avec en moyenne près de 15 jours de retard selon le baromètre ARC-Ifop. La reprise économique explique en partie ce phénomène.

Les délais de paiement des entreprises se réduisent… Enfin, pas pour toutes. Selon le baromètre du cabinet ARC, réalisé avec l’Ifop et publié ce mardi, les petites et moyennes entreprises ont vu leurs délais augmenter en 2017. La durée moyenne des retards de règlement des factures d’une PME à ses fournisseurs a ainsi explosé, s’établissant en moyenne à 14,5 jours en 2017 au lieu de 11,8 jours l’an dernier. Ce délai vient s’ajouter à celui prévu par la loi.

Invité à une conférence-débat ce mardi matin, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a d’ailleurs indiqué, dans une stratégie plus globale visant à réduire les délais de paiement, qu’il était favorable «à la réduction du plafond légal de délai» fixé à trente jours mais auquel les entreprises peuvent déroger par accord.

Depuis la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008, le délai convenu entre les parties ne peut pas dépasser quarante-cinq jours fin de mois ou soixante jours, «à compter de la date d’émission de la facture». À titre indicatif, le délai contractuel atteint cinquante jours, en moyenne, au deuxième trimestre 2017, selon le cabinet Altares.

Problème de trésorerie

Les retards de paiement importants, dépassant trente jours, ont très fortement augmenté et représentent désormais 11% de l’ensemble des retards, contre 4% en 2016. Les petits retards, quant à eux, reviennent à 40%. au lieu de 58% l’année dernière. Les grandes grandes entreprises se sont en revanche montrées plus vertueuses en réduisant leurs délais de paiement, hors délai légal ou négocié, à 9,6 jours contre 10,4 jours en 2016.

Comment expliquer qu’un tel écart se creuse entre grandes et petites sociétés? Le cabinet ARC attribue la hausse pour les petites et moyennes entreprises à la reprise économique. À titre indicatif, la Banque de France table sur une croissance de 1,6% cette année, tandis que Bruno Le Maire anticipe une hausse de 1,8% du PIB. «La moitié des entreprises anticipent une croissance de leur activité», détaille Denis Le Bossé au Figaro. «Or une reprise des investissements suppose d’avoir une trésorerie solide, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui». Autre indicateur à prendre en compte, le développement de la facture dématérialisée. Si elle est désormais étendue dans le secteur public avec le lancement du logiciel Chorus Pro en 2016, elle se développe plus lentement dans le privé.

Le ‘name and shame’ «porte ses fruits»

La recrudescence des sanctions pour les mauvais payeurs explique, qu’à l’inverse, les délais de paiement se soient réduits pour les grandes entreprises. «Les sanctions civiles et pénales, précédemment en vigueur, ont été remplacées par des sanctions administratives [dans la loi relative à la consommation datant de 2014]», explique la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), sur son site internet. «La loi pour la croissance (…) a étendu le champ de contrôle aux entreprises publiques ; le projet de loi pour la transparence et la modernisation de la vie économique (…) devait porter le plafond des amendes à deux millions d’euros en cas de non-respect de la loi». «La politique du ‘name and shame’ a, semble-t-il, porté ses fruits», complète le président du cabinet ARC. Depuis juillet 2017, Bercy publie en effet le nom des fautifs sur son site. Sur ce dernier, on peut ainsi lire que les deux dernières entreprises citées ont dû payer une amende de 375.000 euros.

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2018-09-03T13:01:29+00:00

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